De l'art de coder un blog (2/2)

(Nhat Minh Lê (rz0) @ 2010-03-07 10:23:19)

Comme promis, voici la seconde partie de mon article traitant de ce sujet ô combien passionant qu’est… mon blog. Finies la conception et les questions programmatiques profondes, et place à l’action, au déploiement, à la publication, au référencement ! Autant de sujets qui pourront surprendre le lecteur habitué de ce blog.

Mais pourquoi s’embêter avec tout ça, me souffle-t-on ? On a développé un produit, à n’en pas douter, technologiquement révolutionnaire… il faut maintenant le vendre ! Et pour un blog, pour un site Internet, pour un projet amateur tel que celui-ci, se vendre, cela signifie avant tout se faire connaître, et plus précisément, dans notre cas, être lu.α

Dans ce petit billet, je vous propose un tour d’horizon des techniques que j’ai appliquées à mon blog, dans l’optique d’améliorer la navigation, pour les humains, comme pour les robots. Ces optimisations sont adaptées au modèle que j’ai choisi. Elles ne conviendront certainement pas à tout le monde, ou à tous les contextes. Mais si vous aussi vous tenez un blog, ou un petit site à but informatif, que vous êtes jeunes et candides, face à la perversion grandissante du Web, peut-être cet article saura-t-il vous apporter quelques réponses… à des questions que vous ne vous êtes sans doute jamais posées. :)

α : Je n’ai pas l’intention de m’étaler davantage sur la question, simplement, s’il est plus important pour bluestorm et pour moi d’être lus que d’engranger des visites sur le blog, c’est très simple : plus de trafic signifie plus de travail pour le serveur et plus de bande passante. Et comme il ne s’agit que d’un petit blog, nous n’avons rien à vendre, ni produits, ni publicité, à quoi bon gaspiller nos ressources ?

Vitesse, charge, hébergement

La première question qui se pose, une fois le blog codé, est de savoir où l’héberger. J’ai opté pour un hébergement à la maison, c’est-à-dire sur une de mes machines, derrière ma Freebox. C’est une décision critiquable, étant donné la petite bande passante dont dispose ainsi le site, mais jusqu’à maintenant, la faible fréquentation du blog ne s’est pas révélée être un problème pour ma connexion.

En contrepartie, l’hébergement chez soi permet une grande flexibilité. On configure soi-même la bête, on y déploie la plateforme que l’on veut : serveur HTTP, SSH, langages de script, bibliothèques appropriées, etc.

Mais si le cœur du blog, c’est-à-dire le script de génération des pages HTML, est toujours servi depuis chez moi, un des changements majeurs de cette nouvelle mouture est l’externalisation des ressources statiques. Ainsi, lorsque vous naviguez sur le site, les feuilles de style et les images sont en réalité téléchargées depuis media1.huoc.org, un domaine pointant sur un petit compte gratuit que j’ai pris chez alwaysdata. Le bénéfice est double : d’une part, je me décharge ainsi d’une petite moitié du trafic lié à chaque nouveau visiteur (les anciens ayant déjà ces fichiers en cache), d’autre part, les requêtes HTTP sont réparties entre deux hôtes (de manière certes inégale : plus de données d’un côté, plus de requêtes de l’autre).

De même, le flux Atom principal du site est maintenant réchauffé par FeedBurner, ce qui, au passage, me permet de collecter quelques statistiques.

Bien sûr, avant même de s’occuper de cela, la meilleure optimisation pour gagner un peu de bande passante passe d’abord par la prise en charge de la mise en cache (en-têtes HTTP Last-Modified, If-Modified-Since et Cache-Control) accompagnée d’une compression gzip du contenu textuel.

Une autre astuce que j’utilise, enfin, est l’incrustation d'images dans le CSS pour réduire le nombre de requêtes HTTP.

Tout cela combiné me permet de vous présenter le contenu de la page principale du blog en à peine plus de 50K (dont 10K sont pris par le script JavaScript de Google Analytics…) d’images et de texte compressé, ce qui, entre nous, est mieux que la plupart des blogs que j’ai pu voir ; ceux basés sur Wordpressβ tournent généralement autour de 200K.

β : Wordpress, dont la configuration par défaut ne semble guère se préoccuper que de la compression de la page HTML ; le cache est sans doute en option, ce qui est à mon sens dommage. Les autres éléments de la page (CSS, JS, images) sont quand à eux bien souvent délaissés, ce qui est une erreur, car ils constituent, d’autant plus pour des sites à l’apparence sophistiquée, un trafic tout à fait non négligeable.γ On pourrait cependant argumenter qu’il n’est pas du ressort du logiciel de blog de fournir la configuration des fichiers statiques.

γ : Pour plus d’informations, vous pouvez aller voir, par exemple, le portail de Google dédié à la question. Tous les conseils qui y sont données ne sont pas forcément bons à prendre, je dirais, mais dans l’ensemble, on y trouve des choses intéressantes, et des liens vers des outils efficaces (YSlow, PageSpeed, etc.).

Promotion, référencement

Le blog est maintenant en place, on peut y accéder, tout va bien, mais le plus dur reste à faire : le faire connaître. Honnêtement, avec la modeste fréquentation de mon blog, ce n’est probablement pas moi qui vais vous donner des leçons concernant le référencement. Si j’ai retenu une chose de mes lectures et de mes expérimentations, cependant, c’est certainement ceci : présenter du contenu correctement structuré par un HTML simple et sémantique, avec des URL courtes et sympas contenant quelques mots-clés, est agréable à naviguer, et plutôt bien récompensé par Google. Que demande le peuple ?

Ce qu’il demande, généralement, c’est des liens retour, les fameux liens retour… avoir des gens qui font référence à vos articles, si ce n’est pas là un symbole de réussite ! Hélas, il n’est pas aisé de stimuler l’enthousiasme au point que l’on veuille vous citer.

On peut bien sûr faire un peu de publicité par-ci, par-là, en insérant un lien discret dans ses profils, sur les forums, ou autres réseaux sociaux que l’on fréquente, mais les liens ainsi générés risquent d’être relativement médiocres (en revanche, c’est un bon moyen d’amener des visiteurs).

Ou on peut s’inscrire sur des annuaires… Option que j’ai envisagée à plusieurs reprises sans jamais vraiment me décider. J’ai mis longtemps avant de franchir le pas pour dmoz, et c’est pourtant le plus gros annuaire ! Il y a plusieurs raisons à cela. D’une part, la plupart des annuaires que j’ai pu voir (et j’en ai parcouru un rayon) ont un air très amateur. Parmi les rares qui sont visuellement acceptables, il y a souvent le problème du voisinage : certains annuaires ont trop de liens entassés les uns sur les autres sans hiérarchisation, d’autres souffrent de problèmes de modération, ou parfois, on se heurte tout simplement à des fluctuations de la qualité des liens au sein d’une même page ou d’une même catégorie, qui laissent dubitatif (vais-je me retrouver à côté de ce vilain site-là ? ou de celui, qui a l’air plus correct ?).

Conclusion

Voilà qui conclut ma brève non-série d’articles portant sur mon blog. Et après toutes ces semaines de développement Web, je suis impatient de reprendre une activité plus… normale. Il reste certes encore quelques bugs, mais il est grand temps pour moi de changer d’air…